Soigner son enfant intérieur

Je souhaite ici évoquer la notion d’ « enfant intérieur » et présenter les outils de l’Analyse Psycho-Organique qui permettent de l’entendre, d’en prendre soin afin de renouer avec ses potentialités et le non-réalisé en soi.

« L’enfant intérieur », une notion fondée par Jung dès les années 40

Dans les années 1940, le psychiatre Carl Gustav Jung forge l’un des concepts clés de la psychologie analytique : « l’enfant intérieur » qui désigne la part infantile de l’adulte. Jung écrit : « En parlant de l’enfant, il devrait être question de l’enfant au cœur de l’adulte. Cet enfant est vivant. Cet enfant est éternel ; il est en devenir constant, jamais accompli. Il demande un soin particulier, une attention et une éducation. C’est la partie de la personnalité humaine qui aimerait développer son intégrité. »

L’enfant intérieur est certes lié au passé, mais il ne s’efface pas : le corps a engrammé, incorporé les racines de l’être, les fondations, les bases, le réservoir de l’énergie vitale et de la créativité. Et c’est bien à toutes ses potentialités qu’il s’agit de se reconnecter.

En quoi entendre et réussir à prendre soin de son enfant intérieur est-il important ?

La découverte de l’enfant en soi est vitale. « Tuer l’enfant intérieur, c’est tuer sa propre créativité », disait Jacques Brel dans Radioscopie en 1973.

Les raisons d’en prendre conscience, de l’écouter et d’en prendre soin sont nombreuses : pour retrouver son vrai MOI, pour identifier les situations bloquantes qui empêchent d’avancer et les transformer. Pour cela, il est important de savoir qui est en colère, qui hurle, qui pleure, qui sent dans son corps des tensions anciennes ? Pourquoi se sent-on certaines fois submergé et influencé par des situations dont on sait et on sent qu’elles appartiennent au passé, à l’enfance, à l’archaïque ? Qui se sent mal jugé ? Mal aimé ? Mal compris ? Pourquoi se sent-on frustré ?

L’enfant symbolique en APO

Tout comme on travaille en APO sur les parents symboliques, on travaille aussi sur l’enfant symbolique. Freud écrit « là où ça a été, je deviendrai ». L’enfant symbolique est l’enfant qu’on aurait dû être, l’enfant qu’on aurait voulu être et qui n’a pas été. C’est aussi tout ce qu’il porte en terme (de potentialités et de créativités non réalisées).

L’APO est à l’écoute des besoins archaïques du sujet. Les Analystes psycho-organiques travaillent avec le plaisir et la joie de vivre de l’enfant intérieur, c’est-à-dire sa singularité et le caractère unique de chacun, et surtout avec tout ce qui a pu l’entraver, le déstabiliser, voire l’anéantir. Il s’agit ici de récupérer de la sécurité intérieure, sa propre symbolique ainsi qu’une parole vraie.

Comment alors le repérer, l’entendre et lui redonner sa juste place ?

Pour repérer, faire émerger l’enfant intérieur en nous, il est indispensable de l’écouter et le sentir dans le corps. Pourquoi certaines fois on ne l’entend pas ou on ne l’entend que trop ? Est-il muselé ? Ou bien prend-il toute la place ?
Il s’agit ici de reprendre contact avec le vécu intérieur de l’enfant ayant souffert, de réparer ces situations, et enfin de réveiller le potentiel non réalisé de l’enfant.
L’Analyste psycho-organique dispose d’outils qui permettent justement de faire émerger l’enfant symbolique, mais aussi de lui redonner son JE, sa juste place, par exemple :

  • la respiration, qui aide à le sentir dans son corps
  • le travail sur les contrats familiaux
  • les images, puissant pouvoir de représentations qui ancrent le sujet
  • les polarisations qui consistent à contenir le corps du patient ; le patient est allongé, sous une couverture, sur le côté gauche, jambes repliées ; le thérapeute pose une main sur les pieds et une main sur la tête du patient
  • les rêves éveillés dirigés qui favorisent la régression (revécu de situations de l’enfance, qu’on en ait le souvenir conscient ou pas) et la connexion avec nos vies dans la petite enfance
  • le travail sur le processus de naissance

En conclusion, sentir, écouter son enfant intérieur permet d’atteindre son véritable JE.

Isabelle Faure-Kandel

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