L’Analyse Psycho-Organique, une méthode efficace

L’Analyse Psycho-Organique, créée par Paul Boyesen en 1975, est une méthode de psychothérapie qui associe le travail psychique et le vécu corporel. Cette pratique thérapeutique permet d’accompagner la personne pour alléger ses souffrances et l’aider à renouer avec son élan vital.
L’efficacité de l’APO repose sur les leviers suivants, qui, combinés, permettent une transformation profonde :

      • mettre la personne au cœur du dispositif, en position d’acteur
      • faire de la relation thérapeutique un levier majeur de transformation profonde, dans le lien et la relation
      • permettre à la personne de retrouver son unité psycho-organique qui est celle d’un être pensant et ressentant
      • utiliser des outils thérapeutiques concrets et dynamiques.

Mettre la personne au cœur du dispositif en position d’acteur

L’APO est une psychothérapie non-directive. Elle se fonde sur une clinique du sujet : le thérapisant (NB : autre nom donné au patient suivant une thérapie) oriente par ses motivations conscientes et inconscientes le contenu des séances. Il en découle un processus thérapeutique que l’analyste psycho-organique accompagne et encadre.
La psychothérapie en APO n’est pas seulement une façon de résoudre les symptômes, les souffrances, ou les angoisses. Elle a une fonction plus large : celle de permettre la réalisation la plus complète de la personne. Le clinicien n’écoute pas seulement ce qui est bloqué, refoulé. Mais aussi ce que la personne souhaite réaliser, et qui est encore en attente de réalisation pour une meilleure complétude de soi-même. Nous postulons l’existence d’un “noyau sain” en chacun qui cherche à s’accomplir. En APO, nous mettons la personne au centre de son expérience. Nous faisons appel au projet du thérapisant[1], à son choix d’expérience, à sa responsabilité, à ses ressources d’auto guérison. Nous croyons à l’importance de mettre en acte autant qu’il est possible, pour chacun de nous, nos capacités de développement et d’accomplissement.

Faire de la relation thérapeutique un levier de transformation profonde, dans le lien

Nous savons aujourd’hui* que des facteurs comme l’alliance thérapeutique[2], la capacité d’empathie du thérapeute, sont plus déterminants que la seule méthode. C’est pourquoi, en APO, la relation thérapeutique fait l’objet d’une attention particulière.

Comme en psychanalyse, nous travaillons avec le transfert[3]. Et l’Analyste psycho-organique est attentif aux investissements inconscients dont il est l’objet.

L’Analyste psycho-organique se caractérise par sa présence empathique, chaleureuse, accueillante, incarnée, engagée au service du processus de la personne. Il accueille le thérapisant, l’écoute. Il l’aide à identifier ce qui l’agit en utilisant l’analyse de son propre ressenti corporel et émotionnel pour adapter ses interventions thérapeutiques. Comme le souligne Eric Champ dans l’ouvrage L’Analyse Psycho-Organique, les voies corporelles d’une psychanalyse[a1] (Edition L’Harmattan) : « […] le psychothérapeute ne peut pas rester dans une réceptivité passoire, attendant que le client se mette au travail. Il est initiateur, accompagnateur, garant du travail thérapeutique. Cela ne s’improvise pas et nécessite une formation pour construire des compétences relationnelles ; développer une technicité articulée aux outils thérapeutiques de la méthode utilisée ; acquérir des cartes pour cheminer dans les paysages de la subjectivité humaine avec ses ombres et ses lumières. ».

Permettre à la personne de retrouver son unité psycho-organique d’un être pensant et ressentanT

La singularité de l’APO est de permettre à la personne d’être attentive à la qualité de son expérience, de manière globale. Et ce, sur les trois niveaux :

      • du corps, lieu des sensations corporelles, des manifestations neuro-végétatives
      • de la pensée, de la réflexion, des images, du sens
      • du cœur (que nous appelons la Connexion Organique en APO), lieu des émotions et des sentiments.

 Le thérapeute peut s’adresser à chacun de ces niveaux mais il va surtout travailler à leurs liaisons. Ainsi, il apporte de la fluidité au fonctionnement de la personne. Le patient peut retrouver alors son unité psycho-organique d’un être humain pensant et ressentant.  

L’attention portée aux articulations ou aux dysfonctionnements entre la sensation, le sentiment et la pensée va permettre une profonde connexion entre : 

      • le sens que l’on donne à sa vie ; 
      • et la manière dont on la ressent et dont on l’incarne. 

Selon l’APO, l’apaisement de la souffrance, la réalisation de ses désirs et la transformation profonde ne peuvent advenir que si le ressenti corporel et émotionnel est symbolisé et intégré par la pensée. Inversement, la compréhension intellectuelle seule ne suffit pas sans la perception corporelle et/ou émotionnelle.  

 Comme le dit Marc Tocquet dans son ouvrage Je suis un corps qui pense, pour une thérapie corps-esprit[a2] (Penta Editions) : « Tout phénomène humain entremêle de manière indissociable une dimension organique et une dimension de sens. C’est la liaison et le jeu entre ces deux niveaux que le travail thérapeutique doit viser. C’est à partir de là qu’une symbolisation de ce que la personne a vécu est possible. Et c’est cette symbolisation, en associant vécu organique et parole, qui permet qu’une réelle transformation puisse advenir ».

Utiliser des outils thérapeutiques concrets et agissants

L’APO est à la fois une théorie mais aussi une méthode thérapeutique dotée de nombreux outils. Nous présenterons ici prioritairement certains outils thérapeutiques de base.

Pour le thérapeute APO, l’inconscient est situationnel. Le sujet choisit inconsciemment de vivre des situations d’aujourd’hui qui vont le mettre en contact avec le non-vécu, le  non-réalisé inconscient de situations antérieures. Il cherche ainsi à vivre et à réaliser ce qu’il n’a pas pu vivre dans des situations du passé, pour le vivre et le réaliser aujourd’hui. Nous pouvons donc, à des moments opportuns, lui proposer des outils pour l’aider à explorer et transformer des situations de sa vie passée ou actuelle. Ces outils sont toujours au service du processus de la personne. S’attarder davantage sur l’approfondissement de l’expérience au lieu de se ruer sur son interprétation est une démarche très fructueuse en thérapie. Cela permet d’être présent à la qualité de l’expérience et de pouvoir ainsi mieux la transformer.

A cette fin, le PIT (Travail sur l’impulse primaire) est un outil thérapeutique puissant d’exploration et de transformation des situations de souffrance qu’apporte le client. Ce PIT se divise en PIT élémentaire et en PIT avancé. 

      • Le PIT élémentaire consiste essentiellement à créer les conditions pour que le patient puisse appréhender autrement des situations de son histoire en se positionnant différemment par rapport à elles. Notamment à partir d’une ouverture à son ressenti organique et émotionnel ainsi que par un travail d’expression. 
      • Le PIT avancé s’appuie essentiellement sur des images que nous appelons symboliques. Chacun de nous les porte en soi. Elles sont porteuses de nos attentes et support de notre désir de vivre. Le travail du PIT avancé prend forme notamment de rêves éveillés. Pour plus de détails, consulter l’ouvrage L’Analyse Psycho-Organique, les voies corporelles d’une psychanalyse[a3].

La psychothérapie en APO propose un travail au plus près des sensations et utilise les images comme un puissant levier de transformation (des rêves éveillés, des rêves nocturnes …)

L’Analyse Psycho-Organique utilise aussi les bases diagnostiques de la psychopathologie pour adapter ses prises en charge thérapeutiques.

Découvrez dans cette vidéo de Marc Tocquet une illustration d’autres outils utilisés en thérapie en Analyse Psycho-Organique