L'amour dans tous ces états Ses Vertiges et ses Vertus
La place de l'objet d'amour dans l'espace thérapeutique
29 – 30 – 31 mai 2026
Ouverture de l’Université de Printemps 2026 par Eric Champ et les cogérants de l’EFAPO. Puis Maud Castelli, co-organisatrice de l’évènement avec Jessica Holc, introduit le thème de cette année 2026.
En recherchant un thème pour cette université de printemps, Jessica et moi sommes parties de cette question : mais au fond, de quoi entendons nous parler la plupart du temps en séances ? Nous est venu alors ce constat partagé, de la place considérable que prennent les problématiques autour de la question du couple en thérapie individuelle :
- difficultés relationnelles dans un couple établi,
- souffrance de ne pas réussir à vivre une relation de couple sereine ou pérenne,
- souffrance, parfois très profonde, quand un couple se défait…
La relation amoureuse ou son absence serait-elle une voie royale vers l’inconscient ? Une porte d’entrée vers la profondeur, cet horizontal qui dit le vertical ? Une sorte de mise en lumière par le truchement du couple de diverses problématiques d’attachement, de possibilité ou d’impossibilité à se séparer ou à s’unir, de possibilités ou d’ impossibilités à être soi avec l’autre, à coexister, à vivre l’altérité.
Paul Boyesen disait souvent avec humour, qu’il en avait marre de faire des thérapies de couple avec une seule personne !
Comme dit Woddy Allen : « Aimer c’est souffrir, Ne pas aimer c’est souffrir, Et souffrir c’est souffrir »
André Compte Sponville dit : « C’est l’amour qui fait vivre puisque c’est lui qui rend la vie aimable, c’est l’amour qui sauve et c’est donc lui qu’il s’agit de sauver. »
Comment comprendre ces mots ?
Sauver l’amour est-ce reprendre confiance dans la possibilité d’un lien qui soit du côté de la Vie et non du mortifère ?
Sauver l’amour est-ce la possibilité de faire le deuil d’un objet d’amour qui incarnerait notre symbolique pour vivre un amour réel imparfait, ambivalent, inévitablement ?
Accepter d‘Etre, et que l’autre soit limité et terriblement ordinaire ?
Accepter l’imperfection pour permettre l’amour ?
Cela rejoint les propos d’Alfred de Musset dans On ne badine pas avec l’amour : « Tous les hommes sont menteurs, inconstants, hypocrites, méprisables et sensuels, toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses et dépravées mais il y a au monde une chose sainte et sublime c’est l’union de ces deux êtres si imparfaits et si affreux.
On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux, mais on Aime, l’important c’est d’aimer, en acceptant les risques que l’on court, là se trouvent le bonheur, l’action et la vie ».
Sauver l’amour est-ce faire le chemin pour accepter que l’amour est plein de douleurs et de joies, pour le meilleur et pour le pire ?
Sauver l’amour est-ce entrevoir que la haine, la perversion sont des façons d’aimer, certes folles et sans issue ?
Sauver l’amour est ce pouvoir malgré les déceptions, les blessures, malgré la haine, choisir d’aimer ?
L’amour comme une victoire sur le mal, qui viendrait contrebalancer la souffrance ? Vous n’aurez pas ma haine écrivait Antoine Leiris après les attentats au Bataclan.
Enfin, ne vient-on pas toujours en thérapie suite à des blessures dans l’amour ? Son absence, sa perversion, les trahisons du cœur…
Sylvie Dunn dans Le concept d’amour en psychothérapie, nous dit :
« Chacun porte en soi des blessures singulières. Mais les personnes qui entreprennent une psychothérapie transformative de longue durée ont en commun une souffrance psychologique souvent induite par les manquements à l’amour parfois sévères qui ont jalonné leur enfance.
Si le manque d’amour blesse, est-il juste de considérer que le « supplément d’amour » puisse avoir une portée réparatrice ?
S’il est impuissant à lui seul à soulager la souffrance, l’amour que le thérapeute porte à son client est un élément indispensable à la relation thérapeutique »
Le lien thérapeutique permet -il de contribuer à « sauver l’amour » ? Peut -on parler d’amour dans un processus thérapeutique, dans la relation transférentielle et contre-transférentielle ? L’amour est-il d’ailleurs, une nécessité dans la thérapie ? une condition de sa réussite ? Quels seraient les obstacles à cette restauration- réparation de la possibilité d’aimer et au contraire qu’est ce qui la soutient ?
« J’aime dans mon métier » écrit Sylvie Dunn.
L’amour du thérapeute pour son thérapisant lui permet-il de s’aimer et d’aimer mieux ? Afin que la relation et la relation dans le couple en particulier, ne soit plus l’espace d’une quête abyssale de l’amour non reçu, ou insuffisamment reçu dans l’enfance ?
Pour terminer, voici quelques mots de Laurence Nobecourt : « L ’enfant a besoin d’amour mais l’adulte a besoin d’aimer »
Voici le thème que nous vous proposons d’explorer ensemble pour cet Université de Printemps :
L’amour ses vertiges et ses vertus.
La place de l’objet d’amour dans l’espace thérapeutique.
Accueil de Sophie Garnier, Analyste Psycho-Organique, psychologue clinicienne, psychothérapeute, superviseure, directrice de mémoires et formatrice. Membre du collège des formateurs de l’EFAPO de 1991 à 2006. Elle est membre du Comité de Rédaction de la revue « APO. La revue de l’Analyse Psycho-Organique ».
Cette communication à venir se propose d’interroger le statut de l’objet d’amour en Analyse
Psycho-Organique. La manière dont cette question est théorisée n’est pas sans
conséquences sur l’élaboration du concept d’Amour au sein de notre champ clinique.
À partir d’une relecture des principaux concepts mobilisés par l’Analyse Psycho
Organique, nous examinerons dans quelle mesure celle-ci peut être envisagée comme
disposant d’une métapsychologie spécifique.
L‘Ecole Française d’Analyse Psycho-Organique accueille ensuite deux conférenciers de renom : Dr Christophe Massin et Vincent Estellon.
Les conférences
CHRISTOPHE MASSIN
La question de la relation avec soi-même est centrale dans le processus thérapeutique.
Au départ la souffrance tient essentiellement à une mauvaise relation avec soi. La qualité du lien avec le thérapeute va mettre en évidence ce désamour et offrir la possibilité d’une réparation puis d’une réconciliation avec soi. L’amour de soi est bien plus qu’un narcissisme positif, c’est prendre l’entière
responsabilité de son propre bonheur.
est psychiatre. Dans sa pratique de thérapeute, il s’est appuyé sur l’approche psychologique de la spiritualité indienne. Ses domaines de recherche et ses publications :
- la périnatalité : Le bébé et l’amour, Aubier Montaigne, 1998 ; Vous qui donnez la vie. Un autre regard sur la grossesse, Aubier Montaigne, 2001,
- les risques psycho-sociaux : Réussir sans se détruire. Des solutions au stress du travail, avec Isabelle Sauvegrain, Albin Michel, 2005,
- psychothérapie et spiritualité : Souffrir ou aimer. Transformer l’émotion, Odile Jacob, 2014 ; Une vie en confiance. Dialogues sur la peur et autres folies, Odile Jacob, 2016 ; Moins d’ego… plus de joie ! Un chemin de liberté, Éditions Points, 2019 ; Savoir se défendre. L’immunité psychique, Odile Jacob, 2024.
VINCENT ESTELLON
Chez les sujets présentant un fonctionnement limite, si certains secteurs de la vie quotidienne sont investis de façon plus ou moins adaptée, ceux relevant du registre affectif intime peuvent accueillir de façon plus familière une folie devenue ordinaire. On pourrait presque parler d’un délire sectorisé aux affaires affectives : une clinique du désespoir, de la haine, de la rage, des états de détresse, de la douleur d’aimer, et de l’extrême difficulté à accepter d’être aimé. Sur fond d’insécurité intérieure quasi permanente, d’une fragilité narcissique à la hauteur des contre-investissements qui l’accompagnent, ces cas se trouvent bien souvent dans une position de grande dépendance vis-à-vis des autres tandis que cette même dépendance leur fait horreur. Cette conférence explorera les difficultés inhérentes à cette souffrance dans le lien à l’objet d’amour et dans quelle mesure la relation thérapeutique permet de le revitaliser.
est Professeur de psychopathologie clinique à l’Université Paris Cité au Département Études psychanalytiques, IHSS, psychanalyste, psychodramatiste, membre du Collège international de l’adolescence (CILA). Ses recherches se déploient autour de 4 axes :
- La psychanalyse des limites et la psychopathologie des expériences extrêmes du corps érotique,
- la psychopathologie du lien et de la vie amoureuse : défenses narcissiques et phobie de l’autre en tant qu’autre étranger,
- Addictions sexuelles et sexualités limites,
- Métapsychologie et la psychopathologie des processus de création.
Parmi ses principaux ouvrages : Les états limites, Paris, Puf, Que sais-je ?, 2023 ; Les sex addicts, Paris, Puf, Que sais-je ?, 2020 ; Terreur d’aimer et d’être aimé, Psychopathologie du lien et de la vie amoureuse, Toulouse, Erès, Themapsy, 2020.
Les soutenances de Mémoires Professionnels
La journée du samedi
La journée du samedi est consacrée aux soutenances des mémoires professionnels. Les soutenances ont lieu en présence d’un jury composé de trois personnes : le Directeur de mémoire de l’EFAPO, un Analyste Psycho-Organique représentant de PSY APO, un représentant d’une autre école.
Titres et résumés des mémoires soutenus
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Les 18 étudiants ont été reçus, leur Certificat d’Analyste Psycho-Organique Certifié leur a été remis par un représentant de l’EFAPO. Bravo à chacun ! La journée s’est terminée par un convivial « Cocktail des étudiants ».